L'état de la menace informationnelle Comprendre VIGINUM 15 mai 2026 Pour mener à bien ses missions de détection et caractérisation des ingérences numériques étrangères, VIGINUM s’adapte aux évolutions constantes de la menace informationnelle. Trois grandes tendances de la menace informationnelle Depuis sa création, VIGINUM fait le constat d’une évolution de la menace et doit désormais faire face à des ingérences numériques étrangères plus difficilement détectables mais aussi plus susceptibles de nuire à nos intérêts fondamentaux. Trois grandes tendances se confirment : La sophistication : VIGINUM constate l’utilisation de l’IA générative à des fins de production d’images ou de textes crédibles, adaptés à des contextes culturels et linguistiques précis. Parallèlement, VIGINUM observe un recours accru à des modes opératoires complexes, nécessitant une bonne maîtrise des infrastructures informatiques, à l’image du typosquattage de sites Internet de grands médias ou d’administrations. La dissimulation : la menace informationnelle se camoufle et, en la matière, le recours à de multiples intermédiaires permet de brouiller les pistes. VIGINUM observe de véritable réseaux de la désinformation, composés à la fois de réseaux informels d’acteurs de la désinformation (proxies) et d’acteurs commerciaux tels des sociétés spécialisées dans le marketing numérique et la communication, ou des sous-traitants. Ces ensembles contribuent de facto à dissimuler les véritables commanditaires. La diversification : la menace informationnelle est désormais diversifiée, combinant des stratégies de long terme et des manœuvres opportunistes. Les campagnes de manipulation de l’information utilisent désormais un large éventail de tactiques, de techniques et procédures. Ces manœuvres informationnelles peuvent également être couplées d’actions sur le terrain ou dans le champ cybernétique. De nouveaux facteurs de pression L’espace informationnel, est par ailleurs confronté, d’une manière sans précédent, aux effets combinés de trois facteurs de pression principaux : Une pression stratégique croissante, marque d’un contexte international dégradé, qui facilite l’émergence d’une conflictualité numérique globale. Caractérisé par la libre circulation des idées et un accès ouvert aux plateformes de diffusion, l’espace informationnel est devenu le théâtre de confrontations hybrides, où des acteurs étrangers tentent d’interférer dans notre débat public, en vue d’altérer la perception collective et de peser sur les processus décisionnels. Une pression systémique accrue, exercée par les mutations du terrain numérique lui-même. D’une part, un nouvel écosystème numérique de l’information apparaît pleinement, caractérisé par le rôle croissant des influenceurs, l’émergence de réseaux sociaux partisans, et l’expansion de l’offre de médias — ou pseudo-médias — d’opinion. Ces évolutions contribuent à éroder davantage la consommation des médias d'information, et à brouiller la distinction entre une information factuelle et une opinion. D’autre part, l’essor de l’intelligence artificielle générative redéfinit radicalement les usages numérique. En facilitant notamment la création et la dissémination à grande échelle de contenus artificiels hyperréalistes, elle fait craindre une élévation structurelle du niveau de menace liée aux ingérences numériques étrangères, tant en termes de nouveaux vecteurs que de nouvelles vulnérabilités. Une pression narrative marquée par l’instrumentalisation de certains thèmes puissants, dont celui de la liberté d’expression, qui s'exportent dans notre débat public numérique. Des acteurs étrangers malveillants peuvent se saisir de ces thèmes pour polariser un peu plus l'opinion. La nécessaire collaboration avec les plateformes VIGINUM partage des éléments techniques relatifs à l’activité inauthentique des modes opératoires informationnels étrangers avec de nombreuses plateformes numériques dont : X, Google, YouTube, Facebook, Instagram, TikTok et Bluesky. L’exposition de ces campagnes d’ingérence numérique étrangère et ces échanges d’informations sont parfois à l’origine d’actions de modération de ces plateformes à l’encontre de comptes, chaînes ou pages impliqués dans des manœuvres informationnelles étrangères malveillantes. En juillet 2024, VIGINUM a signé une convention avec l'Arcom — coordinateur national pour les services numériques au titre du règlement européen Digital Services Act — afin de faciliter les échanges entre les deux entités, mettre en commun les expertises et lutter plus efficacement contre les ingérences numériques étrangères. Haut de page