Stratégie nationale de lutte contre les manipulations de l’information 2026-2030 Informations 11 février 2026 Le Président de la République a adopté la première Stratégie nationale de lutte contre les manipulations de l’information liées aux ingérences numériques étrangères. Élaborée sous l’égide du Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale, elle s’appuie sur des contributions d’experts, de chercheurs, de parlementaires et d’acteurs de terrain engagés dans la lutte contre les manipulations de l’information. Ingérences numériques étrangères Actualités du SGDSN Par cette stratégie, la France se dote de moyens renforcés pour protéger son débat public, garantir la capacité de chacun à se forger un jugement éclairé et défendre, avec ses partenaires, un espace informationnel fondé sur la liberté d’expression et la pluralité des opinions. Dans un contexte de multiplication et de sophistication des opérations d’ingérence numérique étrangère, ainsi que de transformation profonde de l’environnement informationnel, la stratégie fixe un cadre d’action clair et durable. Elle s’articule autour de quatre priorités : renforcer la résilience de la Nation ; encadrer et responsabiliser les plateformes en ligne et les services d’intelligence artificielle générative ; consolider les capacités nationales de détection, d’attribution et de réponse ; agir avec les partenaires européens et internationaux pour préserver un espace informationnel libre, ouvert et sécurisé. Pilier 1. Mobiliser la Nation pour renforcer la résilience.Le premier rempart face aux manipulations de l’information est la société elle-même. Pour armer la société contre les menaces informationnelles, la France déploie une stratégie de formation, d’engagement et de sensibilisation à grande échelle. Elle vise d’abord à structurer une capacité nationale d’expertise, notamment à travers la création de l’Académie de la lutte contre la manipulation de l’information au sein du service de vigilance et de protection contre les ingérences numériques étrangères, VIGINUM (OS1), puis à bâtir une filière éducative et de recherche dédiée à la résilience informationnelle (OS2). L’État mobilisera également les dispositifs d’engagement civique (Journée Défense et citoyenneté, service civique, service militaire volontaire, réserves) pour former et ouvrir sur un cadre d’engagement dédié (OS3). Enfin, une culture citoyenne assurant une résilience collective face aux ingérences numériques étrangères sera construite par le recours à des formats décentralisés et participatifs, portés par un réseau d’acteurs locaux (OS4). Pilier 2. Réguler les plateformes en ligne et les services d’intelligence artificielle générative.Le débat démocratique ne peut être préservé sans une action forte sur les architectures numériques qui façonnent la circulation de l’information. La France continuera de jouer un rôle moteur, notamment en période électorale, dans le cadre de la mise en œuvre du DSA, le règlement européen sur les services numériques (OS5), en particulier s’agissant de ses obligations de retrait de contenus illicites, de retrait de comptes inauthentiques et de transparence algorithmique. Un cadre national de coopération sera mis en place pour organiser le partage d’information et la coordination de l’action avec et sur les services numériques (OS6) qui doivent pleinement assumer leurs responsabilités propres. Elle renforcera aussi sa capacité d’analyse des risques systémiques liés à l’IA (OS7), tout en s’attaquant à un angle mort majeur : les systèmes de publicité et de monétisation des plateformes, avec des mécanismes concrets de traçabilité et d’identification des plateformes manifestement impliquées dans des opérations d’ingérence numérique étrangère (OS8). Pilier 3. Renforcer la capacité nationale opérationnelle de lutte contre les ingérences numériques étrangères.Assurer l’intégrité du débat public numérique exige une capacité d’action opérationnelle souveraine, réactive et crédible. La France structurera une capacité distribuée de veille, de détection et de caractérisation, fondée sur un réseau d’acteurs institutionnels publics et territoriaux, le renforcement de l'instance de coordination opérationnelle animée par VIGINUM (le COLMI) et l’intégration du réseau diplomatique et militaire (OS9). Une doctrine interministérielle de réponse aux ingérences numériques étrangères, coordonnée, permettra de mobiliser tous les leviers – techniques, diplomatiques, judiciaires – de manière proportionnée et coordonnée, notamment en période électorale (OS10). En articulation avec la réponse administrative, cette approche s’appuiera également sur un renforcement de la réponse judiciaire, dont un plan d’action pour les parquets et une meilleure coopération internationale (OS11). Enfin, la France accompagnera l’émergence d’une filière de renseignement en source ouverte (OSINT), en structurant un écosystème d’outils, de compétences et de coopération public-privé, tout en soutenant la communauté indépendante des analystes (OS12). Pilier 4. Assurer, avec nos alliés, l’existence d’un espace informationnel libre, ouvert et sécurisé.La lutte contre les manipulations de l’information est un enjeu global. La France s’engage à structurer une communauté européenne de la lutte contre la manipulation de l’information, fondée sur la subsidiarité et l’interopérabilité, en faisant notamment émerger un réseau européen de services en charge de lutter contre les ingérences numériques étrangères (OS13). Elle développera une stratégie d’assistance capacitaire, alignée sur les échéances démocratiques critiques, en appui aux États les plus exposés (OS14). Dans les enceintes multilatérales – UE, G7, OTAN, OCDE, ONU, Francophonie, enceintes de standardisation et hybrides – la France portera une doctrine démocratique de réponse aux manipulations et travaillera à la consolidation d’alliances (OS15). Sous l’autorité du Premier ministre, le Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN) coordonnera la mise en œuvre de cette stratégie et s’appuiera notamment sur le service de vigilance et de protection contre les ingérences numériques étrangères (VIGINUM) chargé de caractériser la menace et d’appuyer la réponse des autorités. Stratégie nationale de lutte contre les manipulations de l'information 2026 - 2030 Télécharger PDF - 816.2 KB