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Rapport de l’AlEA : les indices d’un programme nucléaire iranien

16 avril 2012

L’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AlEA) a diffusé en novembre 2011 un nouveau rapport sur l’état d’avancement du programme nucléaire de l’Iran.

Dans ce document *, l’AlEA procède à l’évaluation de la possible dimension militaire de ce programme sur la base de ses informations propres, de celles fournies par l’Iran, ainsi que sur les renseignements transmis par une dizaine d’Etats-membres. Le rapport établit que l’Iran n’a jamais réellement coopéré pour répondre aux doutes de l’Agence sur ses activités dans le domaine nucléaire et que ce pays continue très vraisemblablement à chercher à se doter de l’arme atomique, sous couvert d’un programme présenté comme civil et pacifique. L’AlEA pointe une série d’éléments particulièrement inquiétants :

- au moins jusqu’en 2003, des activités suspectes ont été conduites en Iran dans le cadre d’une structure de programme centralisée. L’existence, y compris après 2003, de circuits d’approvisionnement par le biais de sociétés écran pour l’acquisition de biens et de savoir-faire, qui pourraient servir dans la mise au point d’un dispositif nucléaire explosif, est également évoquée ;

- l’Iran se serait procuré les informations nécessaires pour la production d’hémisphères en uranium métal compatibles avec la réalisation d’un engin nucléaire, tout en déployant des efforts pour dissimuler les sites et les activités liés à l’enrichissement de l’uranium ;

- l’Iran aurait mené des travaux avancés sur un système d’amorçage spécifique « à points multiples » utilisé dans certains dispositifs nucléaires explosifs connus. Dans le domaine des détonateurs, l’Iran reconnaît la mise au point, officiellement pour des usages civils, de détonateurs spécifiques « à fil à exploser », sûrs et rapides. L’AlEA relève que ceux-ci pourraient être utilisés dans un engin nucléaire ;

- des expérimentations destinées à vérifier le fonctionnement d’un engin sans mise en oeuvre de matière fissile (« tests froids ») auraient été préparées ;

- l’AlEA fait état d’informations particulièrement préoccupantes sur des travaux, menés en 2008 et 2009, destinés à modéliser une explosion nucléaire et indique disposer d’autres informations relatives à des expériences préparatoires qui s’avéreraient utiles si l’Iran devait procéder à l’essai d’un dispositif nucléaire explosif ;

- l’Agence indique qu’elle a été informée que l’Iran a mené des travaux sur des sources neutroniques, élément indispensable à la mise en œuvre d’un engin nucléaire.

- l’AlEA estime que les travaux dont elle a eu connaissance sont crédibles et cohérents avec l’intégration d’une charge nucléaire sur un missile balistique.

Le rapport de l’AlEA et les récentes provocations de l’Iran renforcent donc la profonde préoccupation de la France à l’égard du programme nucléaire iranien. La France a ainsi condamné avec la plus grande fermeté le lancement d’opérations d’enrichissement d’uranium dans l’usine iranienne de Fordo, jugeant qu’il s’agit d’une « violation particulièrement grave » du droit international. Cette nouvelle provocation ne laisse pas d’autres choix que de renforcer les sanctions internationales et d’adopter, avec ses partenaires européens et tous les pays volontaires, des mesures d’une ampleur et d’une sévérité sans précédent.

Dès l’automne dernier, le Président de la République a proposé à plusieurs homologues et à l’Union européenne, dans une lettre du 21 novembre 2011, l’adoption par l’Union européenne de nouvelles mesures d’une ampleur sans précédent. Il s’agit du gel des avoirs de la Banque centrale d’Iran et de l’interruption des importations européennes de pétrole iranien. Les ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne ont demandé lors du Conseil des Affaires étrangères du 1er décembre 2011 que les décisions soient prises d’ici leur prochaine réunion le 23 janvier 2012.

Les sanctions ainsi envisagées auront pour objectif d’amener l’Iran à effectuer le virage stratégique que nous attendons de lui en renonçant à ses activités d’enrichissement de l’uranium.

* Rapport du Directeur général de l’AlEA au Conseil des gouverneurs du 11 novembre 2011 portant sur la mise en œuvre de l’accord de garanties TNP et des dispositions pertinentes des résolutions du Conseil de sécurité en République islamique d’Iran.


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