Immersion au sein de Viginum, le service de vigilance et de protection contre les ingérences numériques étrangères

Son histoire se construit, son expertise se développe et ses ressources humaines progressent.

Si Viginum a officiellement vu le jour le 13 juillet 2021, le service de vigilance et de protection contre les ingérences numériques étrangères, sous l’autorité du secrétaire général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN), assure sa montée en puissance. Retour sur la naissance et les missions du service.

Dans le 15eme arrondissement de Paris, le service technique et opérationnel de l’État chargé de la vigilance et de la protection contre les ingérences numériques étrangères se construit : Viginum. Lorsque l’on pousse les portes du service, on découvre un collectif d’experts concentrés sur leurs missions et le développement de leur entité. Analystes, experts en réseaux sociaux, spécialistes des médias, data scientists, chercheurs en sciences humaines et sociales, chefs de projets opérations : tous constituent le cœur de Viginum.

Gabriel Ferriol, chef du service, explique : « c’est la réunion de ces expertises qui créée la force de Viginum. Elles sont toutes tournées vers une mission commune qui est de préserver le débat public des manipulations de l’information provenant de l’étranger sur les plateformes numériques. »

« Ma mission principale est d’accompagner les travaux de veille sur toutes les plateformes confondues afin d’identifier les tentatives de coordination ainsi que les narratifs employés, susceptibles de porter atteinte aux intérêts de la France. L’objectif est la détection de phénomènes nuisibles. »

ANTOINE, ANALYSTE RÉSEAUX SOCIAUX

 

Ses missions

Viginum s’attelle à détecter et à caractériser toute campagne de manipulation de l’information sur les plateformes numériques, orchestrées par des acteurs étrangers dans le but de nuire à la France et à ses intérêts.

Le service est placé au cœur d’un dispositif interministériel de lutte contre la manipulation de l’information.

« Après des études de journalisme et un master en géopolitique, je me suis rapidement spécialisée dans la géopolitique des médias. Ayant réalisé une thèse sur l’influence médiatique de la Chine en Afrique francophone, rejoindre Viginum me paraissait une suite logique. »

SELMA, ANALYSTE

 

Les opérations de protection

L’action de Viginum s’organise autour d’opérations de protection, ciblées sur une thématique particulière pour laquelle Viginum se place en posture de vigilance. Selon Gabriel Ferriol, « il peut s’agir d’événements institutionnels, démocratiques, politiques, sociétaux, historiques, sportifs connus et planifiés ou une actualité ».

Cette activité est rigoureusement encadrée sur le plan juridique et sur le plan éthique.

« Lors d’un volontariat international en administration à la représentation française de l’OTAN, je me suis spécialisée sur les questions de désinformation. Lorsque j’ai entendu parler de la création de Viginum, je me suis positionnée pour rejoindre les équipes. En tant que cheffe de projets opérations, mon rôle est de conduire et d’accompagner les agents dans leurs missions de détection et de caractérisation. »

MARGOT, CHEFFE DE PROJETS OPÉRATIONS

 

Se construire.

Si l’objectif pour ce nouveau service est de disposer d’une cinquantaine d’agents d’ici fin 2022, un gros flux d’arrivées a déjà eu lieu fin 2021 en accueillant une vingtaine de collaborateurs. Depuis, les équipes s’organisent pour définir leurs métiers et leur méthodologie de travail.

Comme le précise Gabriel Ferriol, Viginum est une structure en création. Tant sur le plan du recrutement que sur celui de l’opérationnel, tout est à construire.