19/11/2015

Discours du Secrétaire Général

Discours sur la Filière industrielle de sécurité

Discours prononcé par M. Louis Gautier le 19 novembre 2015. Salon MILIPOL

Mesdames, Messieurs,

Je voudrais tout d’abord remercier les organisateurs du salon MILIPOL, saluer M. Gallezot de la direction générale des entreprises, ainsi que MM. Darmon, Delville, Campos et Sanz, les quatre intervenants à la table ronde qui va suivre. Ils vont vous présenter la cartographie de la filière nationale de sécurité et détailler les résultats de l’étude PIPAME (pôle interministériel de prospective et d’anticipation des mutations économiques).

Vendredi 13 novembre, notre pays a été durement touché par des attentats simultanés qui ont causé la mort de 122 de nos concitoyens, victimes de la folie meurtrière d’hommes égarés et remplis de haine. Cet événement tragique est d’une ampleur inédite. Il s’agit de l’agression la plus meurtrière en France depuis la Seconde Guerre mondiale. Pour la première fois, des terroristes ont commis sur notre sol des attentats suicides.

Nous n’avons jamais sous-estimé notre adversaire. Nous savons depuis longtemps qu’il est déterminé à nous atteindre et qu’il dispose d’une réelle capacité opérationnelle. Il a été contré à de nombreuses reprises, parfois in extremis. Le drame que nous venons de vivre nous rappelle que la menace terroriste demeure plus que jamais à un niveau extrêmement élevé. Nous savons les risques auxquels nous faisons face et que nous devons contrer.

Cette attaque appelait une riposte à la hauteur des événements d’où les décisions du premier ministre et du gouvernement. Elle a été mise en œuvre immédiatement avec l’application de l’état d’urgence en France et avec la décision d’intensifier les frappes aériennes contre Daech en Syrie. Les auteurs, les commanditaires et les inspirateurs de ces attentats seront recherchés sans relâche, neutralisés et punis. Il faut, à cet égard, saluer le travail remarquable mené par les forces de police au péril de leur vie au moment de l’assaut du Bataclan et hier à Saint-Denis. Nous sommes confrontés à un ennemi qui souhaite détruire les fondements même de notre démocratie, nous lui livrons un combat sans merci.

Dans ce combat, la mobilisation de chacun est indispensable. Les entreprises et industries de la sécurité sont appelées à jouer un rôle de premier plan.

Nous avons effectivement besoin de durcir nos dispositifs d’autoprotection des sites sensibles et que soient recherchés et mis en œuvre de nouveaux systèmes de prévention des risques. Face à l’accroissement du nombre des cyberattaques et face au risque d’évolution de leur nature potentiellement plus agressive, nous avons également besoin d’améliorer nos moyens de détection, de protection de l’Etat et des OIV pour consolider la cyberdéfense.

C’est au sein de la filière et de ses entreprises que sont actuellement à l’étude et développées les solutions de demain qui doivent nous permettre de gagner en efficacité : accélération du traitement de l’information, progrès de la vidéoprotection, développement des systèmes de surveillance des frontières, de détection d’explosifs, amélioration de la protection des systèmes informatiques, des techniques biométriques, etc…

Il faut accélérer le développement de certains projets et intensifier certains investissements afin d’offrir à l’Etat, aux collectivités publiques mais aussi aux entreprises, en particulier à nos opérateurs d’importance vitale, les solutions capacitaires dont ils ont aujourd’hui besoin.

C’est dans ce but qu’a été créé le comité de la filière des industries de sécurité (CoFIS). Ce comité a été imaginé comme un outil de conception et de conduite d’une stratégie industrielle, tant en vue de satisfaire les besoins de notre sécurité nationale que de faciliter le développement d’une industrie permettant de fournir des moyens adaptés. Le CoFIS a commandité aujourd’hui une étude de grande qualité qui montre que le poids économique de la filière des industries de sécurité est bien plus important que le Livre Blanc de 2013 ne le laissait supposer. Le secteur marchand de cette filière représente 300 000 personnes et 30 milliards d’€ de chiffre d’affaires par an.

Les grandes données de cette étude réalisée par le pôle PIPAME sont d’ores et déjà disponibles sur le tout nouveau site internet du CoFIS inauguré aujourd’hui.

Le 1er décembre se tiendra la prochaine réunion du comité directeur du CoFIS, présidé par le ministre de l’intérieur et le ministre de l’industrie dont le SGDSN assure, avec la DGE, le pilotage. Il sera l’occasion de dresser le bilan des deux années d’activité passées et de dévoiler la feuille de route pour 2016.

A ce stade, est envisagée la création d’un observatoire économique des industries de sécurité et de cyber sécurité. Je souhaite que cette idée prenne corps très bientôt.

En ces temps difficiles pour notre pays, la contribution de tous est indispensable.

Restons lucide, les solutions technologiques ne feront pas tout. Vigilance humaine et réponses techniques doivent se combiner dans un but unique : assurer la meilleure protection de nos concitoyens.

Je vous remercie.