1/03/2016

Article du Secrétaire général

Le SGDSN : au cœur des politiques de sécurité et de défense

Dans la revue Défense n°178, de janvier-février 2016. Article de M. Louis Gautier

Les défis auxquels nous faisons aujourd’hui face concernent moins la protection du territoire que de la société. Ils impliquent de repenser les modalités de notre défense. L’emploi de la force fait à cet égard partie de la solution, mais n’est pas la solution à lui seul.

Les attentats de janvier et novembre 2015 ont révélé l’existence d’une radicalité islamisée, sur notre propre sol, dont les ressorts sont complexes. Partout, une action doit ainsi être menée afin de déceler, de prévenir ou de combattre cette radicalité, ce qui implique notamment d’agir au cœur de notre société par le biais d’acteurs multiples, et avec des résultats qui ne peuvent être appréciés que sur le long terme. Le militaire lui-même, à ce titre, n’est pas seulement appelé à jouer un rôle protecteur au service de la sécurité intérieure, mais à participer également à la cohésion nationale.

Ces différents aspects imposent le recours à une approche transverse qui permette le développement de solutions globales. Ils impliquent également une étroite coordination entre les ministères de la Défense, de l’Intérieur, mais aussi des Affaires étrangères, de l’Education nationale, de l’Energie, des Finances, de l’Economie, etc., et ce d’autant plus que notre ennemi est particulièrement agile. Il fait preuve d’une réelle capacité d’organisation et d’initiative. Il vise nos vulnérabilités. Il manie avec habileté la communication qu’il met au service de ses funestes projets.

Son efficacité nous oblige à innover et à rompre avec les délimitations ministérielles qui pourraient entraver notre capacité à anticiper et réagir, par exemple en matière de coordination des différents services de renseignement. Face au risque d’une action étatique dispersée, la lutte contre le terrorisme peut s’inspirer de deux grands principes stratégiques chers au maréchal Foch, la concentration des efforts et l’économie des forces. La concentration des efforts pour soumettre nos ennemis, et particulièrement Daech, à une pression cohérente accrue et retrouver l’avantage de l’initiative. L’économie des moyens pour éviter dans nos structures étatiques les doublons inutiles, qui sont au mieux un surcoût et au pire une source d’inefficacité.

De par son positionnement auprès du Premier ministre, le SGDSN est appelé à jouer un rôle clef dans ce travail de coordination qu’il assure à travers deux de ses missions.

En amont, il s’agit d’apporter une expertise qui permette de créer les conditions de la formation de la décision de l’exécutif, en particulier dans le cadre de la préparation des conseils de défense et de sécurité nationale, dont le SGDSN assure le secrétariat au profit de la présidence de la République. En aval, il faut assurer le suivi du processus de décision comme coordonnateur interministériel des politiques de défense et de sécurité. C’est effectivement au SGDSN, placé auprès du chef du Gouvernement, que revient la tâche d’assurer la coordination de l’action des différents ministères dans les domaines de la défense et de la sécurité. C’est à ce double titre – travail d’évaluation préalable et suivi – que lui ont été confiés ce dernier trimestre, au-delà de ses missions ordinaires, des travaux supplémentaires comme l’adaptation du plan Vigipirate et la rédaction d’un rapport sur l’emploi des armées sur le territoire national.

A la fois vigie, chargée de repérer les menaces à venir, tour de contrôle, investie de la gestion des crises et de la planification de nouvelles réponses, et opérateur de sécurité, à travers l’action du centre de transmission gouvernemental ou de l’ANSSI, le SGDSN constitue ainsi un instrument essentiel d’impulsion, de coordination et de suivi des politiques de défense et de sécurité au service de la liberté d’action des plus hautes autorités de notre pays.